Un nouveau parti politique est né en Nouvelle-Calédonie : le Parti travailliste. Les membres et sympathisants de l’USTKE, réunis en congrès ce week-end, ont adopté son nom et ses statuts.
Alphonse Pujapujane et Louis Kotra Uregei © RFO
L’événement est qualifié d’« historique » par Alphonse Pujapujane. Pour le responsable du groupe de coordination politique de l’Union syndicale des travailleurs kanak et des exploités (USTKE), il s’agit « d’un nouveau souffle, d’un renouveau ». Ce week-end, le syndicat a créé un parti politique. Son nom, le Parti travailliste, a été approuvé par 70% des militants. Plusieurs centaines d’entre eux se sont retrouvés aux côtés de simples sympathisants pendant deux jours à Rivière-Salée pour un congrès consultatif.
Une alternative au FLNKS
Dans les rangs des invités, de nombreuses associations, des syndicalistes et le comité Rheebu Nuu, qui dénonce notamment la pollution industrielle de l’usine Goro Nickel. José Bové était également de la partie. Le leader de la confédération paysanne, proche de l’USTKE, et fort du soutien du syndicat avait obtenu 5.88% des suffrages calédoniens lors de la dernière présidentielle.
Le nouveau parti s’inscrit dans la lignée du syndicat indépendantiste. L’USTKE avait déjà dénoncé dans le passé « l’institutionnalisation » du FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste), lui reprochant de ne pas jouer son rôle d’opposition. Aujourd’hui, il s’agit pour le Parti travailliste de défendre les droits des Kanak et de veiller au respect des accords de Nouméa.
Lutte contre les inégalités
Ce rassemblement politique, qui se revendique proche du peuple et en rupture avec les politiciens professionnels, veut aussi lutter contre les inégalités sociales. Le thème est rassembleur, et très certainement porteur. La Nouvelle-Calédonie vit actuellement une croissance économique sans précédent, évaluée à 4.5% en 2006. Ce chiffre s’explique surtout par l’abondance de nickel sur l’archipel. Avec un quart des ressources mondiales, la Nouvelle-Calédonie attire les projets métallurgiques. Goro Nickel dans le sud et bientôt Koniambo dans le nord injectent des centaines de millions d’euros dans les entreprises locales.
Pour autant, les inégalités sont grandes sur le territoire. Les Kanak, peu formés, sont encore souvent victimes de discriminations.
Militants et sympathisants de l’USTKE étaient au rendez-vous © RFO
Sans président ni bureau, le parti, qui comptait 530 adhérents à la clôture du congrès, se lance donc dans un vaste chantier. Aucun lien organique ne le lie avec l’USTKE. Le Parti travailliste se voit comme un « relais politique » du syndicat. Selon Louis Kotra Uregei, fondateur de l’USTKE, le directoire composé d’une quarantaine de membres, « ne sera pas l’élite, mais les serviteurs du parti ». Le parti se donne un an pour réfléchir à une éventuelle restructuration de l’organisation. Entre temps, les élections municipales devraient faire office de premier test électoral.
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