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Publié le 1er/06/2009 | 12:32

SOCIETE. Gérard Jodar de l’USTKE en détention provisoire

Le président de l’USTKE Gérard Jodar est toujours en détention provisoire depuis samedi à Nouméa. Il devrait comparaître mardi devant la justice.

Gérard Jodar, leader du très influent syndicat indépendantiste © D.R. Le leader de l’USTKE est en détention à la suite de dégradations qui auraient été commises à l’aéroport domestique jeudi lors d’une action du syndicat indépendantiste.

Six autres adhérents du syndicat ont également été incarcérés et seront jugés mardi en comparution immédiate. 

Gérard Jodar est poursuivi pour entrave à la circulation d’un aéronef et dégradation de biens publics. Tous étaient en garde à vue au commissariat central de Nouméa depuis jeudi.

Laurent Aguila, avocat de l’USTKE (Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploités), a indiqué qu’il demanderait mardi un délai de 15 jours "pour préparer la défense" de ses clients, dont le maintien ou pas en détention sera alors examiné.

En tout une trentaine de syndicalistes avaient été interpellés jeudi dernier, lors d’une action de force à l’aérodrome de Magenta, dans le cadre d’un conflit qui oppose l’USTKE à la compagnie Aircal. Les manifestants avaient notamment envahi la piste d’atterrissage et étaient montés à bord de deux avions, qui ont été endommagés.

Conflits et détention

Visés par des projectiles, une centaine de gendarmes et policiers étaient intervenus avec des grenades lacrymogènes pour libérer les lieux. Un engin explosif a en outre été ensuite retrouvé à bord d’un avion. "Il était totalement vide et ne pouvait pas exploser. La seule chose que l’on peut reprocher à mes clients est d’être montés dans un avion", a estimé Me Aguila, qui va plaider la nullité de la procédure.

L’avocat a dénoncé l’insalubrité et le délabrement des geôles dans lesquelles ses clients ont effectué leur garde à vue. "Je vais demander au tribunal de se rendre dans ces cellules. Ils ont été entassés à neuf dans 8 mètres carrés, sans matelas, sans oreiller et avec des toilettes au milieu", a déclaré Laurent Aguila, dénonçant des infractions à la convention européenne des droits de l’Homme.

Il a notamment relevé que le tribunal correctionnel de Paris a annulé jeudi trois procédures de comparution immédiate au motif que les conditions de détention des prévenus dans le dépôt du Palais de justice de Paris n’étaient "pas décentes".

Jeudi, la CGT avait, à la suite des interpellations des membres de l’USTKE, accusé l’Etat de tenter de régler "par l’intimidation" les conflits sociaux en Nouvelle-Calédonie, après la progression des indépendantistes lors des élections provinciales du 10 mai. Le porte-parole du NPA Olivier Besancenot avait quant à lui demandé la "libération immédiate" des dirigeants de l’USTKE.

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