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Publié le 12/08/2009 | 11:00

SOCIETE. Marche "citoyenne" à Nouméa

Par Rfo.fr (avec AFP)

Plus de 20 000 personnes se sont rassemblées dans les rues de Nouméa mercredi matin pour manifester contre les violences qui ont secoué le Caillou.

La manifestation du 12 août a rassemblé 20 000 personnes environ à Nouméa © AFP/Marc Le Chelard Plusieurs milliers de personnes ont marché mercredi matin dans les rues de Nouméa pour s’opposer aux violences qui ont récemment secoué la Nouvelle-Calédonie.

Sous un soleil radieux plus de 20.000 personnes, selon la police, pour la plupart vêtues d’un T-shirt portant le slogan "si y’a pas toi, y’a pas moi", se sont rassemblées Baie de la Moselle à Nouméa, à l’appel d’un collectif citoyen.

Une marche apolitique

Le cortège, formé en majorité d’Européens, devait se rendre à la province sud, au Congrès et au Haut-commissariat. Suivant la consigne qui avait été donnée, peu de banderoles ou de drapeaux ont été déployés car la marche, bien qu’elle soit soutenue par le gouvernement local et les partis de droite, se voulait apolitique.

"C’est un rassemblement, pas une manifestation, pour dire que nous voulons construire la Nouvelle-Calédonie dans la paix et tous ensemble", a déclaré sur l’estrade Nathalie Bringuier, l’une des responsables du collectif citoyen.

"C’est un rassemblement positif pour exprimer notre volonté de continuer à construire ensemble, à construire un destin commun, continue t-elle. La violence ne nous mènera à rien".

De très nombreuses entreprises et commerçants avaient fermé leurs portes pour permettre à leurs employés de manifester, sans retenue sur leur salaire. Les trois chambres consulaires ainsi que le gouvernement local ont également apporté leur soutien à ce mouvement. Une prise de position vivement contestée par les militants de l’USTKE.

L’inquiétude de la population

Début août, des affrontements ont opposé des militants du syndicat indépendantiste USTKE aux forces de l’ordre, blessant une trentaine de policiers et gendarmes et plusieurs manifestants. Le syndicat protestait contre l’enlisement d’un conflit social à la compagnie locale Aircal, pour lequel un protocole d’accord a été trouvé le 6 août.

Ces incidents ont semé l’inquiétude dans la population, qui ne souhaite pas revivre les violences qu’a connu le Caillou dans les années 1980.

Depuis les accords de Matignon en 1988 puis ceux de Nouméa dix ans plus tard, les communautés européenne et kanake tentent de se trouver "un destin commun". Un processus de décolonisation est en cours et doit déboucher entre 2014 et 2018 sur un référendum d’autodétermination.

L’approche de cette échéance et les retards pris dans l’application de l’accord de Nouméa favorisent cependant la radicalisation d’une frange des indépendantistes. Elle est incarnée par l’émergence sur la scène politique locale du Parti travailliste, proche du NPA d’Olivier Besancenot, et filiale de l’USTKE.

L’USTKE ne lâche pas

Malgré la très forte mobilisation sociale pour un retour au calme, l’USTKE reste mobilisée pour réclamer la libération de son président Gérard Jodar, condamné fin juin à un an de prison ferme pour entrave à la circulation d’un aéronef, lors d’un coup de force à l’aérodrome de magenta.

Les partisans de M. Jodar ont appelé pour leur part à une journée de mobilisation "à travers tout le pays", le 22 août.

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