Culture -

Publié le 27/05/2010 | 14:37

CINEMA. Kassovitz tournera en Polynésie

Par Maité KODA

Le réalisateur Mathieu Kassovitz prépare un film sur les événements d’Ouvéa. Initialement prévu sur le Caillou, le tournage est déplacé en Polynésie.

Mathieu Kassovitz © AFP C’est un film emmené par un réalisateur césarisé, sur l’histoire de la Nouvelle Calédonie, avec des acteurs calédoniens, et tourné… en Polynésie. L’ordre et la morale, réalisé par Mathieu Kassovitz, à l’origine entre autres de La Haine et des Rivières pourpres ne sera pas tourné sur le Caillou comme prévu initialement. En cause, l’impossibilité pour l’équipe de tournage, malgré près de trois ans de repérages et de discussions, d’établir un climat paisible à la réalisation du film.

Une histoire douloureuse
Le film doit revenir sur les événements qui ont eu lieu en 1988 dans la grotte d’Ouvéa. Alors que des indépendantistes kanak avaient pris des gendarmes en otage depuis près de quinze jours dans la grotte d’Ouvéa, les militaires français donnent l’assaut de la grotte pour obtenir leur libération. Une opération qui entraine la mort de 19 preneurs d’otages et de deux militaires dans des conditions qui restent floues. Dans un contexte d’élections présidentielles de 1988 les indépendantistes accusent notamment le gouvernement de Chirac, alors premier ministre, d’avoir « achevé » des preneurs d’otages blessés après la libération des gendarmes.
« Ce n’est pas un travail d’historien que veut faire Mathieu Kassovitz, explique Christophe Rossignon, producteur avec sa société Nord Ouest de L’ordre et la Morale. Il s’agit juste d’un point de vue, d’un regard sur les événements. » Ce dernier revient sur l’impossibilité de tourner sur le Caillou. « On a considéré toutes les opinions. Elus, Kanaks, Caldoches, institutions, les jeunes, les coutumiers, les chefferies, l’USTKE… », énumère-t-il dans une liste non exhaustive.

Désaccord sur le scénario
« Nous avons obtenus leurs accords, mais à la fin, des individus, ont refusé le scénario tel qu’il était écrit. Les discussions n’ont mené à rien. Nous n’avions pas la garantie de pouvoir tourner paisiblement, donc nos piliers historiques nous ont conseillé d’aller tourner ailleurs », ajoute-t-il, sans vouloir indiquer qui étaient ces « individus ».
Dans une interview publiée aujourd’hui par le quotidien Les Nouvelles Calédoniennes, Mathias Waneux, élu de la Province des îles se fait plus précis. Celui qui a initié l’idée d’un film sur les événements d’Ouvéa cite le fils d’Alphonse Dianou, un des preneurs d’otages.« Il voulait que le réalisateur et le directeur de production fassent un film comme lui le voulait, qui retrace tous les événements depuis l’histoire du chef Ataï. La production veut raconter les événements d’Ouvéa à travers le livre de Legorjus, capitaine du GIGN(…) Il a monté un collectif avec des jeunes d’Ouvéa », poursuit-il.

Le casting du film a déjà commencé à Moorea en Polynésie. L’objectif étant de recruter des acteurs et des figurants kanaks pour la plupart, nombreux sont les postulants qui font le déplacement depuis la Nouvelle-Calédonie. Le tournage devrait donc débuter à la fin de l’été, au Fenua.

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