Rafael Lakafia était l’attraction après l’annonce de sa sélection - GAIZKA IROZ ©AFP
Sélectionné pour la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande (9 septembre – 23 octobre), Rafael Lakafia est la surprise de Marc Lièvremont. A 22 ans, il va étrenner ses galons d’international à l’occasion de ce rendez-vous. Une récompense et une fierté pour ce joueur encore sous le choc de l’annonce.
Aucune sélection en Bleu, une saison de Top 14 dans les jambes. Mais assez toutefois pour être retenu pour la Coupe du monde néo-zélandaise. La surprise est de taille pour Rafael Lakafia, aussi grande et massive que lui (1,91 m, 114 kg). Informé par son président du Biarritz Olympique, Serge Blanco, de sa sélection, le troisième-ligne n’y a pas cru tout de suite : "Quoi ? Moi ? Non, ce n’est pas vrai ?", a raconté le joueur, interloqué sur le coup, dans L’Equipe. Félicité par l’ancien international et ses coéquipiers, le "petit Lakafia", comme le surnomme Serge Blanco, a tout de suite appelé son père, Jean-Paul Lakafia. Cet ancien détenteur du record de France de lancer de javelot (86,60 mètres), lui a évidemment témoigné sa fierté. Tout comme sa famille, et notamment sa branche paternelle de Wallis-et-Futuna et de Nouvelle-Calédonie, qui a bravé le décalage horaire. "Ils m’ont tous appelé, même s’il était très tard là-bas. Toute la famille qui vit là-bas est très fière. Et moi aussi. Je suis très content pour Wallis et la Nouvelle-Calédonie", a-t-il déclaré dans les colonnes du quotidien sportif. Surpris également. Le biarrot pique la place de Sébastien Chabal, la tête de gondole du rugby français. Et même si la présence du parisien parmi les 30 s’écrivait en pointillé, voir son nom entre ceux de Vincent Clerc, Thierry Dusautoir ou autre Imanol Harinordoquy a été un choc. "C’étaient des phrases de journalistes. Je n’y prêtais pas attention. Et finalement, comme ça se répétait, je me disais : pourquoi pas ? Mais je n’avais pas la prétention d’y figurer", a-t-il avoué. Si cette place parmi les trente est une surprise, elle n’est pas volée s’y on se tient au bilan purement sportif.
"Il le mérite"
Les plus beaux compliments sortent de la bouche des connaisseurs. En tant qu’ancien troisième-ligne, Marc Lièvremont en connaît un rayon sur le poste. Son poste de sélectionneur du XV de France ne fait qu’ajouter de la valeur. "C’est un garçon qui a des super mains, constant sur un match et sur le cumul des matches. Il est très endurant, très agressif défensivement, très explosif, il joue sans arrêt en avançant...", a-t-il énuméré à nos confrères de l’AFP. Ses coéquipiers qui l’accompagneront chez les All-Blacks (on compte six Biarrots dans la sélection avec Sylvain Marconnet, Fabien Barcella, Imanol Harinordoquy, Damien Traille, Dimitri Yachvili et Rafael Lakafia) sont également unanimes. "Il a su faire preuve de régularité dans ses sorties et éviter les périodes en dents de scie", a confirmé Dimitri Yachvili. Le demi de mêlée rejoint son sélectionneur en saluant "quelqu’un qui tient bien le ballon", tout en glissant un petit bémol, avec le sourire :"(il) arrive à le donner quand on lui tire un peu les oreilles". Une tendance à rechercher l’exploit individuel et à jouer pour sa "pomme" ? Plus un défaut de jeunesse que l’expérience accumulée, au cours de la saison et du parcours européen (quart de finale), devrait gommer. Passé par Grenoble, Tours et Clermont avant de se révéler à Biarritz, Rafael Lakafia espère ne pas rejoindre tout de suite Marcoussis, le centre d’entraînement des Bleus, puisqu’un barrage l’attend face à Clermont dès ce vendredi. La réalité du quotidien avant de rêver en Bleu.
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