Sport - PLANCHE A VOILE

Publié le 02/02/2012 | 17:08

Sarah Hébert, emportée par la houle

Par Benoît JOURDAIN

Sarah Hébert devrait s’élancer de Dakar à la mi-février - FRED TANNEAU ©AFP La véliplanchiste française Sarah Hébert s’attaquera à la mi-février à la traversée de l’Atlantique entre le Sénégal et la Guadeloupe -soit environ 4000 km- avec une planche à voile de série, une première mondiale.

Après Rames-Guyane, Dakar s’apprête à être le point de départ d’une traversée de l’Atlantique tout aussi folle que les 23 concurrents qui se sont élancés avec leurs rames. Sarah Hébert n’est plus à un exploit près. Quadruple championne de France, vice-championne du monde et championne d’Europe de windsurf, cette Calédonienne est une habituée des performances de haut niveau. Pourtant en 2008, sa carrière est stoppée net, du moins c’est ce qu’elle pense, quand son médecin lui diagnostique un trouble cardiaque lors d’un contrôle de routine.

"Lorsque j’ai appris que mon coeur ne me permettrait plus de vivre à 100% ma passion, j’ai d’abord eu du mal à accepter cette réalité. Puis j’ai compris que le défibrilateur pouvait m’offrir une seconde vie", a-t-elle expliquée à l’AFP. A 28 ans, elle avoue en plaisantant que "ce sera la première fois que je traverse l’Atlantique autrement qu’en avion". Pourquoi un tel défi ? "Par goût de la vie et de la glisse". Né dans son esprit il y a cinq ans, elle a réalisé que cet exploit était à sa portée puisqu’elle avait "retrouvé (son) niveau professionnel" et accepté "ce corps étranger".

Une organisation lourde et un message
Cette traversée, c’est d’abord des chiffres : 4000 kms à parcourir entre le Sénégal et la Guadeloupe, 8h de navigation par jour, 25 jours de traversée, 1 bateau suiveur, 4 planches et 2 jeux de 5 voiles, 3 navigateurs confirmés, 1 kiné et 1 caméraman/photographe. Elle dormira la nuit sur son bateau et repartira, pied sur la planche, le matin depuis l’endroit précis (relevé par GPS) où elle se sera arrêtée la veille. Autres accessoires pour cette traversée : un MP3 étanche pour la musique et … des enregistrements de livres de Jules Verne.

L’aventure toujours et une source de distraction en cas d’ennui, ce qui ne risque pas d’arriver si on l’écoute. "J’aime bien être sur l’eau. Je prends le temps de méditer, de regarder la mer...", éclaire-t-elle. Elle qui se dit "bercée par la houle", elle attend patiemment une fenêtre météo idéale pour se lancer. "J’aimerais avoir des alizés de nord-est, de 15 à 20 noeuds. Seul problème, je serai tribord amure (vent venant de la droite) pendant toute la traversée : à l’arrivée, j’aurai la cuisse et bras gauche surdéveloppés", rigole-t-elle. Et derrière l’exploit, elle souhaite dire que "même si on est implanté, il faut continuer à faire des choses. Ne pas avoir peur. On n’est pas handicapé, on n’est pas obligé de rester chez soi", conclut-elle.

JT en vidéo

Radio NOUVELLE CALEDONIE

Dossier

Législatives en Outre-mer

Dossiers - Infos, analyses, vidéos, résultats...

Hier - 12:25

Législatives en Outre-mer

>> Tous les dossiers