Joseph Caihé a été l’un des témoins privilégiés des Jeux de 1987 © DR
La Nouvelle-Calédonie accueille pour la troisième fois les Jeux du Pacifique. Après l’édition de 1966, celle de 1987 est restée dans les mémoires en raison des évènements qui ont secoué le territoire juste avant les Jeux. Joseph Caihé, chargé de mission à Nouvelle-Calédonie 1ère, coordinateur des Jeux du Pacifique, était à l’époque journaliste sportif.
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Quelles étaient vos fonctions à l’époque ?
Joseph Caihé : J’étais journaliste sportif pour RFO. J’avais notamment assuré le direct de la cérémonie d’ouverture qui avait duré 5h au stade de Magenta. J’avais été aussi commentateur de certaines finales, notamment de basket-ball et de football… Je me rappelle aussi avoir commenté le rugby et je n’y connaissais pas grand chose. J’avais dit +le joueur a marqué un but+, alors qu’on dit +marquer un essai+. Heureusement que j’avais un consultant (rires) ! En 1984, les élections territoriales avaient été boycottées. Trois ans plus tard, la tension était encore palpable sur le territoire, mais pendant la quinzaine, les compétitions s’étaient déroulées normalement. Les Jeux avaient pu se faire, car la situation sur l’île était stabilisée. Les indépendantistes n’ont pas cherché à profiter des Jeux pour se faire entendre. Le comité d’organisation avait rassuré les délégations étrangères, sinon elles ne seraient pas venues. Les devants avaient été pris puisque les pourparlers pour tendre vers une situation calme et paisible étaient déjà bien avancés. Les Jeux étaient l’occasion pour la population de faire la fête ensemble après les évènements difficiles qui avaient eu lieu. L’engouement était visible, les stades étaient remplis. Cela a été un moment de fraternité entre les communautés, personne ne voulait manquer cela.
Vingt-quatre ans plus tard, comment percevez-vous ces Jeux ?
Joseph Caihé : On ne peut pas faire de parallèles entre les deux éditions. En termes de moyens, les différences sont énormes, jamais autant avait été investi sur une compétition en Calédonie. On a profité de l’intégration dans un grand groupe de médias (France Télévisions, ndlr) pour faire des Jeux en Océanie pour les Océaniens. Les territoires du Pacifique doivent profiter d’une telle couverture. En Nouvelle-Calédonie, on ne retrouvera pas les Jeux avant 15 ou 20 ans, c’est l’occasion pour la population de se retrouver et de vivre à l’unisson ce grand évènement sportif. Concernant les deux drapeaux (tricolore et indépendantiste, ndlr) je ne pense pas qu’il y ait de polémiques. C’est clair dans les esprits, ce sont les deux drapeaux qui seront mis en avant lors des victoires, cela a été voté par le Congrès du territoire. Wallis-et-Futuna et Tahiti sont aussi dans ce cas, ces territoires sont francophones donc les deux drapeaux sont légitimes au vue de la situation politique actuelle.
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